Magnus – biografia

Robert Raviola naît à Bologne le 31 Mai 1939. Il vit les années de son enfance pendant la guerre, à la fin de laquelle il se retrouve à jouer sur les décombres des immeubles qui enrichissent son imagination.
rovine-della-guerraEncore enfant il révèle une forte passion pour le dessin. Après le premier cycle de l’enseignement secondaire, il s’inscrit au cours préparatoire à l’Ecole des Beaux-Arts. Dans cette période il produit une grande quantité de dessins, inspirés par les lectures alors à la mode comme l’Aventureux (l’Avventuroso) et le Victorieux (il Vittorioso), en se nourrissant des milieux de Flash Gordon d’Alex Raimond et de «Saturne contre la Terre» (Saturno contro la Terra) de Zavattini, Pedrocchi et Scolari, ainsi que de Mandrake et de Faust de Rino Albertarelli. Il a beaucoup aimé Mickey Mouse, de Floyd Gottfredson et l’épopée héroïque du Far West américain. Pendant une certaine période il signe ses BD (bandes dessinées) avec le pseudonyme de Robert Patterson et ensuite de Bob la Volpe (Bob le Renard).

À l’âge de dix-neuf ans il a passé son Baccalauréat Artistique et il obtient le certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin et il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne pour suivre le cours de Scénologie, discipline où il obtient sa licence ; il continue ses études pendant deux années encore dans le cours de Décor.
Dans la même période il enseigne dans les Collèges et dans les lycées de Bologne et il travaille aussi comme décorateur de théâtre. En ce qui concerne la période gréco-romaine il met en scène des œuvres d’Aristophane de Ménandre, de de Théocrite et de Plaute.
fumetti-ispiratoriComme on déduit des journaux de cette époque-là, il apporte sa collaboration avec G.I.T. (Groupe Rencontres de théâtre) et précisément le 17-3-1958 dans la République de S. Marino, dans le théâtre du Titan, avec l’Anthologie du Spoon River pour les costumes. Il collabore aussi avec CUT (Centre Etudes de théâtre) de l’Université de Bologne, mise en scène de Gianfranco Ferri le 30-7-1961 à Erlangen en Allemagne avec le Miracle de Théophile pour le décor qui lui a permis d’obtenir d’importants prix. Le 11-3-1962 il a préparé les scènes pour le Miracle de Théophile, d’Alcassin ed de Nicole pour le théâtre municipal de Bologne. Le 3-3-1964 il a soigné les scènes et les costumes pour « L’appel de chacun » représenté au théâtre Duse de Bologne. Dans le Groupe Théâtral en Voyage (Théâtre Saint Leonard) – metteur en scène Luciano Leonesi – il connaît Loriano Macchiavelli avec lequel, dans les années ’80, il collabore pour un épisode de SARTI ANTONIO ; il travaille aussi avec la Coopérative Fornaciai pour laquelle il dessine les scènes, le 10-10-1962 pour Antonelli chef des brigands(Capobrigante).
cavalerius-patritiusPour la « Bande de l’Oie » (Banda dell’Oca), groupe estudiantin d’appartenance, il achève les fresques dans la Fosse Des Cloches (Buca delle campane) (30-3-1961) se signant « Magnus pictor fecit ». Par la suite il travaille dans les industries pharmaceutiques A. Gazzoni de Bologne comme graphiste publicitaire et comme illustrateur pour les éditions Malipiero et pendant deux ans il dessine plusieurs images pour des livres pour les enfants.

N’étant pas satisfait, le mois de décembre 1963 il prend contact avec plusieurs éditeurs de Milan. Premièrement il va chez la maison d’édition Corno qui était à la recherche de jeunes dessinateurs où il rencontre Luciano Secchi, scénariste qui se signait Esselle et prendra le nomme de Max Bunker ; c’est lui qui lui propose la création d’un nouveau personnage à BD, Kriminal. En 1964 naît l’heureuse association des deux auteurs Magnus & Bunker et avec eux la production des séries « Kriminal » et « Satanik » considérée parmi les meilleures éditions de ce qu’on appelle « noir italien ». Les engagements de livraison ont obligé Magnus, qui avait choisi ce nom à partir du numéro 38 de Kriminal (1966) a dessiner seulement la silhouette noire en introduisant des cadrages cinématographiques des illustrations pour créer une nouvelle méthode de dessiner les BD.

Kriminal-satanik-alan-fordEn 1965 naissent quelques épisodes de « Dennis Cobb agent SS 018 » inspirés par l’Agent 007 de Ian Fleming et « Gesebel » de 1966 inspiré par Barbarella de Jan – Claude Forest, mais ces épisodes n’obtiennent aucun succès.
Maxmagnus-coverDans cette période d’activité intense, de 1968 à 1970, Magnus est arrivé à dessiner aussi Max Magnus, bande dessinée satirique située dans un imaginaire Moyen-Age, publiée dans le magazine Eureka de l’éditeur Corno ; le recueil de 1970 gagnera la Datte en Or au Salone de l’humour de Bordighera.
C’est en avril de 1969 – après deux ans d’idéation – que sont publiés « Alan Ford » et « Groupe TNT », bande dessinée à la mordante satire socio-politique qui a reçu tout de suite une grande approbation générale qui demeure encore aujourd’hui.
On rappelle aussi quelques contes parus au magazine Eureka : Le Petit Marchant d’Allumettes – Les Merles – Lurid Scorpio et le Soldat atteint par le plombe.
Dans le mois de décembre 1973, après avoir dessiné soixante – quinze aventures de – Alain Ford – et après dix ans de collaboration avec 600 dessins par mois, Magnus décide d’interrompre l’association avec Max Bunker, pour commencer à collaborer avec la maison d’Edition de Renzo Barbieri, après avoir été présenté par Giovanni Romanini.

Barbieri93En 1974 édite quelques dessins à caractère érotique – les textes ne sont pas à lui ; au mois d’août il publie Minuit de mort, à novembre Dix Chevaliers et un magicien et en mars 1975 « Ce soir-là au collège féminine ».

Dans la même période il se mesure avec la création des textes ainsi que des dessins et avec « Peu d’heures à l’aube » du juillet 1975 il édite le premier des six magazines à bandes dessinées du cycle « L’inconnu » ; il s’agit d’un ancien officier de la Légion Etrangère, personnage pessimiste et ambigu, qui opère dans des périodes et dans des zones de brûlante actualité. La trace graphique évolue et devient raffinée ; toute scénographie sera révisée et corrigée, tout personnage viendra étudié avec scrupule. L’inconnu, traité plusieurs fois dans les années, est considère par la plupart de la critique de la BD comme le personnage le mieux réussi.

Poster-a+bEn avril 1977, en collaboration avec Giovanni Romanini, il crée et dessine La compagnie du Gibet. Selon le point de vue graphique, le style rappelle Alan Ford, tandis que les vicissitudes concernent les grandes compagnies situées dans un Moyen-Age fabuleux de 1478 où, en suivant les aventures des différents personnages, on apprend ce qui se passait dans la même période en plusieurs zones d’Europe et du Proche Orient. Le recueil se termine en 1979 avec 20 magazines à bandes dessinées.

La lecture du roman chinois du XIV° siècle, « Histoires le long de la rive de l’eau » lui donne l’inspiration pour la première rédaction de « Les Brigands » de 1978, conte retouché et conclu avec les deux derniers épisodes à la fin de 1989. C’est l’histoire d’une bande de brigands qui menacent le pouvoir impérial de la Chine du XI sicle et Magnus y ajoute des connotations de science-fiction. Il s’inspire de «Flash Gordon », de « Saturne contre la Terre » et de Robin Hood ; les citations de Mao Tze-Tung font des « Brigands » une histoire politique, une bande dessinée cultivée.

V.M.cover-colPour l’édition de Renzo Barbieri, Magnus prend la liberté pour créer une histoire originale d’horreur avec les textes de Ennio Missaglia, « Vengeance Macumba » éditée en septembre 1979. Le format de trois bandes dessinées est plus grand que l’habituel de poche et la qualité artistique du conte est immédiatement appréciée : l’adresse de Magnus dans l’utilisation de la bande dessinée centrale pour les paysages de la jungle et les scènes en plan-séquence pour le carnaval de Rio, sera utilisée dans des œuvres suivantes.

En janvier 1980 paraît « Milady en 3000 » à épisodes pour « Il Mago » de l’édition Mondadori et se termine en décembre de la même année et encore on l’édite en couleurs pour le magazine français Métal Hurlant. Il s’agit d’un personnage de Science-fiction : Paulonia Romana, Comtesse Zumo, colonel du Service Secret Impérial, c’est une héroïne vouée dans la lutte contre les complots stellaires contre la dynastie.

Il-teschio-vivente Il renoue la collaboration avec Renzo Barbieri avec « Le crâne vivant », publié en mai 1980 ; c’est une histoire sexy-horreur inspirée du courant des premières trois histoires de 1974-1975, format de poche, mais le style de cette première histoire diffère beaucoup des premières trois. C’est l’essai général de la « ligne claire » embrassée successivement avec Necron. Le milieu du haut moyen-âge des vicissitudes est un repère au style d’Obrey Beardley.

En janvier 1981 paraît le premier numéro de Necron, avec les textes de Ilaria Volpe, composé de 14 albums qui appartiennent à la production érotique-pornographique de Magnus, mal vue par les puristes des BD ce qui lui a causé une mise à l’écart en patrie. Magnus, toutefois, se voue à Necron avec sérieux et il chavire les règles du jeu, s’éloignant des BD pornographiques, en dédramatisant le contenu qui lie horreur et grossièreté avec un excellent niveau graphique et en esquissant avec l’introduction d’éléments grotesques et pleins d’humour. Necron est le dernier personnage publiée par le groupe Edition Barbieri.

Socrate's-Count-downEn janvier 1982 est publié un bref conte concernant les dernières sept minutes de vie du philosophe athénien Socrate, condamné à mort en 399 a.J.C. ; il s’agit de Socrate’s count-down sur le magazine-culte de l’époque, « Frigidaire », Primo Carnera éditeur et Vincenzo Sparagna directeur d’edition.

Les lectures sur l’Orient influencent les histoires et en 1984 paraissent « Le rêve du crépitement de la pluie » conte inédit pour le volume monographique « Magnus », pour Glittering Images, et le portfolio « Fleurs de prunier dans un Vase d’or », les personnages desquels seront successivement les protagonistes de « Les 100 pilules » en préparation en 1985-1986.

Le « Rêve » préfigure des choix stylistiques et des reconstitutions qu’on rencontrera dans « Les 100 pilules » tirées de Ching P’Ing Mei, récit érotique chinois du XVI° siècle. L’œuvre publiée par fascicules dans le magazine « Totem », Editions Nouvelle Frontière en janvier 1985, représente le plus grand succès commercial en Italie et à l’étranger.

Deux brefs récits sont publiés dans les volumes pour les adultes de la série « DIVA » de Glittering Images de Firenze; il s’agit de « Sur la terrasse » (novembre 1985) et Exhibition (janvier 1987).

La littérature chinoise, avec « les contes imaginaires » de Liao de P’u Sung-Ling de 1766 qui contient plus de quatre cents récits de différents arguments, inspire « Les filles fascinées », un recueil de sept brèves histoires qui composent un hymne à la féminité.
Femmine-Inc.fLes trois premiers récits sont publiés dans les magazines « La douce vie » en octobre 1987 et à sa fermeture, la série est publiée dans le magazine « Comic Art » jusqu’à 1991. Ces brefs récits de six pages sont dédies à des femmes qui ont le premier rôle dans des cas différents, comme séduisantes ou spectrales, comme diaboliques ou maternelles ; les toiles de fond et les paysages qui atteignent le meilleur soin pour les détails, sont de vrais protagonistes.

A partir de janvier 1987 est publié en feuilleton le récit « Sarti Antoine et le malade imaginaire » de Loriano Macchiavelli dans le magazine « 2000 Rencontres » aux soins de Renzo Renzi alors que Magnus en illustre six chapitres. L’éditeur Cappelli en 2006, et l’éditeur Dario Flaccovio en ont fait un volume.

Avec « Les aventures de Joseph Pignata » (1989-1991) on découvre Magnus seulement comme scénariste, et la série, sous l’aspect graphique est soignée par le dessinateur Sergio Tisselli ; il s’agit de l’odyssée vécue par un italien qui s’est évadé des prisons de la Sainte Inquisition romaine en 1693. Au commencent les fascicules sont publiés dans « Nova Express », magazine d’attaque de Granata Press de Luigi Bernardi et en mars 1992 est publié le recueil en trois volumes. En novembre 1994 paraît « Le prince dans son Jardin » chez Granata Press, qui se constitue de trente illustrations de nus féminins, presque toutes en couleur avec un commentaire d’un morceau oriental.

Il-LunarioEncore chez Granata Press, en décembre de la même année, il publie « l’almanach 1995, Joyeux mais pas trop » les cinq récits sont librement tirés des « Contes fantastiques » de Liao et des légendes des Apennins toscans et romagnols aves les rythmes des saisons. Le vrai protagoniste de cette illustration c’est la vallée du fleuve Santerno, près du village de Castel Del Rio où l’auteur s’est établi à partir du mois d’août 1991.
Un autre bref récit tiré de « Les contes fantastiques » de Liao, c’est « Madame Ming » publié dans le magazine « Comix » de Franco Cosimo Panini, le 24 janvier 1995 ; ici, Magnus reprend un style grotesque et horror qu’il avait abandonné, tandis que « Le nouveau rêve du crépitement de la pluie » même style, reste inachevé.

TexoneLa dernière œuvre publiée posthume en mai 1996, c’est « Texone » de Bonelli, « La vallée de la terreur », commencée en 1989 et à laquelle l’auteur a dédié les dernières années de sa vie. Magnus dessine le personnage qui vit plus longtemps et le plus fameux des BD italiennes ; deux cent vingt-quatre illustrations pendant sept ans de travail. Les temps de travail sont justifiés par le soin de tout détail, soit scénographique que stylistique, la somme de son art.

Il meurt le 5 février 1996 à Imola.
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